Soly Cisse-Monde-Perdu-2005-50 x 152 cm

SOLY CISSÉ : LE MONDE PERDU, PARIS

08/03/2025

24/03/2025

Le « Monde Perdu » de Soly Cissé : une prescience saisissante

 

18 avril – 24 juin 2024

 

La présentation réunit un ensemble rare de dessins réalisés entre 1999 et 2006, issus de la série emblématique Le Monde Perdu.
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Dès 1996, bien avant que le titre ne devienne un cliché culturel, Soly Cissé donne à une nouvelle série d’œuvres graphiques le nom Monde Perdu. À l’origine, il l’avait baptisée avec une ironie mordante Cohabitation.
Car le Monde Perdu lié aux récits du Voyage Fantastique, n’a rien d’un paradis préservé. Le Voyage au Centre de la Terre de Jule Verne, le plateau perdu de Conan Doyle (1912),
Le Monde Perdu de Michael Crichton qui inspira à Spielberg son film Jurassic Park (fin 1997), entraînent le lecteur dans un univers parfois paradisiaque mais souvent cauchemardesque, resté à un stade antérieur de l’évolution. Une sauvagerie brute et primitive y oppose une faune préhistorique où s’affrontent indigènes, dinosaures, hommes-singes, massacreurs et massacrés ensemble. Il n’y a pas d’étapes intermédiaire comme chez  Goya en 1814.
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On ressent un choc devant la fulgurance du geste de l’artiste qui « arrache » ses figures au charbon de bois ou à la sanguine, dans des enchevêtrements de tracés superposés, tels des fresques pariétales surgissant d’un temps suspendu. On pense aux bouleversements des cultures éteintes…Lascaux…Altamira…la naissance de l’art…les cultes disparus… les débuts de l’humanité
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Bien avant les grands blockbusters, Soly Cissé trouve avec cette œuvre visionnaire un écho moderne à la sauvagerie originelle, dans une réflexion sur un « Monde Perdu » à la fois nostalgie d’un âge mythique fait d’harmonie et confrontation avec la brutalité des origines
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LE MONDE PERDU, RÉCEPTION
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.En 2001, le critique et historien de l’art Bruno Corà découvre à Dakar l’œuvre graphique de Soly Cissé : Le Monde Perdu. Il en souligne d’emblée la dimension transculturelle et la complexité, qualifiant ces dessins au fusain de « heureuse invention picturale » qui explore des thèmes à la fois mythologiques et anthropologiques. Le Monde Perdu s’inscrit pout lui dans une tradition d’allégories universelles, en écho aux grandes luttes de l’humanité. L’historien de l’art établit un parallèle avec Les Caprices de Goya, qu’il considère comme le seul précédent occidental par sa densité graphique, inscrivant l’artiste dans une lignée marquée par une vision dramatique et engagée de l’humanité.
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En 2005, la série Monde Perdu est mise en lumière par Philippe Dagen dans un article du Monde, à l’occasion de l’exposition Africa Remix — organisée par Simon Njami et Laurence Bertrand Dorléac — présentée au Centre Pompidou, après des étapes au Kunstpalast de Düsseldorf et à la Hayward Gallery de Londres. L’historien et critique d’art souligne: L’impact de l’oeuvre de Soly Cissé réside dans cette capacité à allier des formes très singulières à des enjeux universels, tout en offrant une perspective nouvelle sur la production artistique actuelle. (Les fusains de la série Monde Perdu de Soly Cissé, Africa Remix, des singularités et des formes universelles, Philippe Dagen, Le Monde, 25 mai 2005.
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En 2022, un ensemble d’œuvres graphiques ainsi que plusieurs toiles de l’artiste ont été acquis par le Centre Pompidou,, Paris,
affirmant la reconnaissance institutionnelle de l’œuvre.
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BIBLIOGRAPHIE
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Bruno Corà  : Soly Cissé, dessins, disegni, drawings, 1999-2000Crise de la conscience traditionnelle et prémonition de la nouvelle Afrique
publié par Bruno Corà, Prato le 25 avril 2002. Édition trilingue, limitée à 36 exemplaires.
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Bruno Corà : exposition Soly Cissé, le Monde perdu, Centro per l’arte contemporanea, Luigi Pecci, 2005, Prato, Ialie
Bruno Corà est aujourd’hui à la tête de la collection Alberto Burri dans la province de Perouse en Italie.
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Soly Cissé’s “Le Monde Perdu”: A Striking Foresight

April 18 – June 24, 2024

The gallery’s exhibition brings together a rare collection of charcoal drawings, created between 1999 and 2006, from the iconic series *Le Monde Perdu*,
which Soly Cissé began in 1996.

As early as 1996, long before the title became a cultural cliché, Soly Cissé named a series of graphic works “Monde Perdu” (Lost World). Originally, he had titled it with biting irony: “Cohabitation.”
For this “Monde Perdu,” linked to tales of fantastical journeys, is anything but a preserved paradise. Conan Doyle’s The Lost World (1912) and Michael Crichton’s The Lost World—which inspired Spielberg’s film Jurassic Park (late 1997)—draw us into worlds that are sometimes paradisiacal but often nightmarish, stuck at an earlier stage of evolution. A raw, primitive savagery—such as Goya depicted in 1814—pits indigenous peoples, dinosaurs, and ape-men—an entire prehistoric fauna—against one another in bloody battles within a world that is symbolically timeless.

With this visionary work, created long before the era of blockbusters, Soly Cissé finds a modern echo of primal savagery in a reflection on a “Lost World” that is both a nostalgia for a mythical age of harmony and a confrontation with the brutality of our origins.
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One is struck by the dazzling intensity of the artist’s brushwork as he “tears” his figures from charcoal or red chalk in tangles of overlapping lines, like cave frescoes emerging from a suspended moment in time. One is reminded of the upheavals of extinct cultures… Lascaux… Altamira… the birth of art… vanished cults… the dawn of humanity.
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THE LOST WORLD, RECEPTION
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.In 2001, art critic and historian Bruno Corà discovered Soly Cissé’s graphic work, *The Lost World*, in Dakar. He immediately highlighted its transcultural dimension and complexity, describing these charcoal drawings as a “wonderful pictorial invention” that explores themes that are both mythological and anthropological. For him, *The Lost World* is part of a tradition of universal allegories, echoing humanity’s great struggles. The art historian draws a parallel with Goya’s *Los Caprichos*, which he considers the only Western precedent due to its graphic density, placing the artist within a lineage marked by a dramatic and socially engaged vision of humanity.
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In 2005, the *Monde Perdu* series was highlighted by Philippe Dagen in an article in *Le Monde*, on the occasion of the *Africa Remix* exhibition—organized by Simon Njami and Laurence Bertrand Dorléac—presented at the Centre Pompidou, following stops at the Kunstpalast in Düsseldorf and the Hayward Gallery in London. The art historian and critic emphasizes: The impact of Soly Cissé’s work lies in his ability to combine highly distinctive forms with universal themes, while offering a new perspective on contemporary artistic production. (The charcoal drawings from Soly Cissé’s *Monde Perdu* series, *Africa Remix*, singularities and universal forms, Philippe Dagen, *Le Monde*, May 25, 2005.

In 2022, a collection of the artist’s graphic works, along with several of his paintings, was acquired by the Centre Pompidou in Paris,
affirming the institutional recognition of his work.

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Bruno Corà is currently the director of the Alberto Burri collection in the province of Perugia, Italy.

Soly Cissé, Six jours mouvementés, 2005, Le Monde Perdu, charcoal drawing, 70 x 105 cm
Soly Cissé, Six jours mouvementés, Le Monde Perdu, charcoal drawing, 70 x 105 cm

 

 

Artistes

Soly Cisse-Monde-Perdu-2006-73 x 105 cm
Soly Cisse-Monde-Perdu-2006-73 x 105 cm
Soly Cissé, Le Monde Perdu, 2005, charcoal drawing, 150 x 90 cm
Soly Cissé, Le Monde Perdu, 2005, charcoal drawing, 150 x 90 cm