Soly CISSE-Confiance-2005-81 x 117 cm

DESSINS SANS LIMITE, SOLY CISSÉ

03/02/2026

15/03/2026
Robert Longo collection Centre Pompidou
Robert Longo collection Centre Pompidou

Chefs-d’oeuvre de la collection du Centre Pompidou
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PROGRAMMATION ASSOCIÉE

PARCOURS DESSINS DANS LES GALERIES D’ART PARISIENNES.
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Avec plus de trente-cinq mille dessins, la collection du Cabinet d’art graphique du Centre Pompidou est l’une des plus importantes au monde. Pour la première fois, près de trois cents œuvres de cent-vingt artistes dont Dubuffet, Basquiat, Delaunay, Kentridge et bien d’autres révèlent, au Grand Palais, un art du dessin sans cesse réinventé
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.SOLY CISSÉ, DESSINS SANS LIMITE
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Soly Cissé explore le papier comme un champ d’expérimentations multiples, où se croisent collages, découpages, empreintes, calligraphies et enchevêtrements de signes. L’artiste distribue symboles et images à la sanguine, au fusain où au pastel gras, d’un pinceau rapide, liant la temporalité du geste à celle de la lecture par le spectateur.
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.Mots, signes, pictogrammes et éléments figuratifs
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..Durablement marqué par une enfance passée dans un village de chasseurs près du fleuve Bafing au Mali, un milieu régi par des conventions sociales proches de mythes secrets, Soly Cissé peuple ses oeuvres d’humains, d’animaux, de plantes, d’esprits…, reliés par d’invisibles interdépendances. Au cœur d’un univers totémique pluriel, mêlant mythes secrets et cosmologies, l’artiste nourrit ses oeuvres sur papier ou sur toile de signes, écritures illisibles, diagramme, codes-barres… qui ne livrent pas de sens immédiat, si ce n’est l’ironie et l’humour propres au rébus. Parfois le format devient un enjeu central : le mot y occupe une place déterminante, ou bien des matériaux hétérogènes – fragments de collage, papier journal intégré sans altérations tel un ready-made dans la fluidité de la peinture, vient brouiller et reconfigurer la scène qui se joue.
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Autant de signes incohérents portés par la vitesse du geste, qui génère une course du regard à travers les pistes du tableau. Déjouant le point focal et affirmant la planéité de la toile ou du papier, Soly Cissé place le spectateur au centre d’un jeu interprétatif ouvert, révélant l’intrication de l’espace et du temps dans le tableau.
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Patrick Descamps, « Soly Cissé : dessinateur, » Montreuil, Les Carnets de la Création, 2005 – © Patrick DescampsPatrick Descamps, « Soly Cissé : dessinateur, » Montreuil, Les Carnets de la Création, 2005 – © Patrick Descamps
Patrick Descamps, « Soly Cissé : dessinateur, » Montreuil, Les Carnets de la Création, 2005 – © Patrick Descamps
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Dans le milieu des années 90, Soly Cissé entame le cycle du « Monde Perdu »

 

En 2001, le critique et historien d’art Bruno Corà découvre à Dakar l’œuvre graphique : Le Monde Perdu. Il en souligne d’emblée la dimension transculturelle et la complexité, qualifiant ces dessins au fusain de « heureuse invention picturale » qui explore des thèmes à la fois mythologiques et anthropologiques. Le Monde Perdu s’inscrit pout lui dans une tradition d’allégories universelles, en écho aux grandes luttes de l’humanité. L’historien de l’art établit un parallèle avec « Les Caprices de Goya », qu’il considère comme le seul précédent occidental par sa densité graphique, inscrivant l’artiste dans une lignée marquée par une vision dramatique et engagée de l’humanité.
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On ressent un choc devant la fulgurance du geste de l’artiste qui « arrache » au charbon de bois ou à la sanguine ses figures, dans des enchevêtrements de tracés superposés, telles des fresques pariétales surgissant d’un temps suspendu. On pense aux bouleversements des cultures éteintes…Lascaux…Altamira…..la naissance de l’art…les cultes disparus… le début de l’humanité dans l’impressionnante scène d’ouverture de « 2001 : l’Odyssée de l’espace « ,(1968), sur la musique de Richard Strauss : « Ainsi parlait Zarathoustra », comme générique.
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Entre archéologie et science-fiction, les Mondes Perdus traversent le 20ème siècle, telle une métaphore à valeur de parabole sur la Condition Humaine. Au-delà des luttes passées, présentes et à venir, l’artiste donne à ses figures sans visage et sans identité, un caractère universel.
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LES COLLAGES
DÉCOUPAGE, CADRAGE, MONTAGE…
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DESSIN SANS LIMITE SOLY CISSE
DESSIN SANS LIMITE SOLY CISSE
Toute l’esthétique des collages de l’artiste va relever d’un cadrage cinématographique inspiré de son intérêt précoce pour la BD. À la réappropriation par l’acte même de coller, s’ajoute le choix précis du support : des pages de magazines d’art occidental. De ce découpage depuis les pages d’un magazine d’art, réintégrant  plusieurs éléments sans relation les uns avec les autres, surgit le choc du montage. D’un même format magazine, (210 × 297 mm) « petits contenants aux vastes contenus1 », ces collages mettent en scène des personnages ludiques et dérangeants.
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Un défi et un geste artistique qui renverse le statut d’image imprimée en oeuvre originale.
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« NOUS AUSSI NOUS AVONS LE DROIT D’ÊTRE DANS CETTE HISTOIRE », déclare l’artiste à Roxana Azimi qui l’interroge en 2016 pour Le Monde.
Je prends les images des magazines d’art et je dessine dessus pour imposer mon univers. C’est une manière de figurer sur ces pages, dans cette histoire.

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Reconnaissance critique et institutionnelle.
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.En 2005, la série Le Monde Perdu est mise en lumière par Philippe Dagen dans un article du Monde, à l’occasion de l’exposition Africa Remix — organisée par Simon Njami et Laurence Bertrand Dorléac — présentée au Centre Pompidou, après des étapes au Kunstpalast de Düsseldorf et à la Hayward Gallery de Londres.
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L’impact de l’œuvre de Soly Cissé réside dans cette capacité à allier des formes très singulières à des enjeux universels, tout en offrant une perspective nouvelle sur la production artistique actuelle.  Philippe Dagen, Les fusains de la série Monde Perdu de Soly Cissé, Le Monde, 25 mai 2005.

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En 2022, un ensemble d’œuvres graphiques ainsi que plusieurs toiles de l’artiste ont été acquis par le Centre Pompidou, Paris, affirmant la reconnaissance institutionnelle de l’œuvre de Soly Cissé.
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Soly Cisse-acrylique et papier journal-2004
"Protection", 2004, technique mixte et papier journal sur toile, 80 x 80 cm
Soly Cisse-exposition Dessin sans limite-Paris-2026-galerie-Chauvy
"La pintade attentive", 2004, technique mixte sur papier, 70 x 55 cm
Soly Cisse-Monde-Perdu-2006-73 x 105 cm
Monde-Perdu, 2006, fusain sur papier, 73 x 105 cm
By oneself, 2006, fusain sur papier, 73 x 105 cm
Monde Perdu-2005, fusain sur papier-152vx 90 cm
Monde Perdu-2005, fusain sur papier-152 x 90 cm
Soly Cisse- Six jours mouvementes_Fusain- serie Monde Perdu-2006
Six jours mouvementés..., 2005, fusain sur papier, 73 x 105 cm
Soly Cissé, Le Monde Perdu, 2005, 73 x 105 cm)

Artistes

Patrick Descamps, "Soly Cissé : dessinateur"- Éditions de l'oeuil, Montreuil, Les Carnets de la Création, 2005 – Une co-édition franco-guinéenne - © Patrick Descamps
Patrick Descamps, « Soly Cissé : dessinateur »- Éditions de l’oeuil, Montreuil, Les Carnets de la Création, 2005 – Une co-édition franco-guinéenne – © Patrick Descamps
Soly Cissé, dessins, disegni, drawings, 1999-2000 – Crise de la conscience traditionnelle et prémonition de la nouvelle Afrique, publié par Bruno Corà, Prato le 25 avril 2002. Édition trilingue, limitée à 36 exemplaires.
Soly Cissé, dessins, disegni, drawings, 1999-2000 – Crise de la conscience traditionnelle et prémonition de la nouvelle Afrique, publié par Bruno Corà, Prato le 25 avril 2002. Édition trilingue, limitée à 36 exemplaires.