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Artiste-résident au Boot32 bis de Tunis, en juillet dernier, à l’initiative de L’African Cultural Fond, Ibrahim Ballo doit au hasard d’une visite dans un dépôt de vieux papiers, l’acquisition d’un stock d’enveloppes de formats divers voués à la destruction. Le soir même dans sa chambre d’hôtel, il s’attèle à la réalisation de micro-œuvres à l’acrylique, telles les zéro-format des Micro-Salons imaginés par Iris Clert entre 1950 et 1980.
Véritable déclenchement d’un nouveau champ dans son travail qui ne cessera d’en produire d’autres, l’expérience ouvre la participation directe et spontanée des artistes co-résidents et l’intérêt de personnalités du monde de l’art, intervenants lors de cette résidence, comme Abdoulaye Konaté, Simon Njami, la Conservatrice Alicia Knock et l’artiste Ismail Bahri.
Au-delà d’une fausse réalité que nous renvoient émojis, photos truquées, vidéos de propagande, désinformation, manipulation des réseaux sociaux sans filtre, la lettre manuscrite, avec son temps de réponse différé, de quelques civilisations qu’elle naisse, de quelles croyances elle s’entoure, garde la trace du rôle central des premières écritures sur les tablettes d’argile de Summer, écriture autour de laquelle s’est organisée la langue.
La collaboration du spectateur à la réalisation de l’œuvre, conduit à de nouvellse créations à partir de l’œuvre initiale.
L’artiste qui affirmait déjà les savoirs culturels liés au textile malien le bogolan associés à l’acrylique est aussi ce rêveur de flamme, celle qui flotte fragile dans les lampes à huile traditionnelles, un projet en cours à la demande du Musée National de Bamako.
Dans une remarquable continuité, les derniers travaux d’Ibrahim Ballo interrogent l’effacement de la mémoire face aux nouvelles technologies, dans un monde saturé de milliards de mails, d’e-lettres dématérialisées et d’invitations “paperless”.Ils rappellent la nécessité de dialogues renouvelés autour de la transmission, afin que le numérique ne devienne pas le théâtre de nos oublis so




