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SOLY CISSÉ, DE L’OEUVRE GRAPHIQUE AUX BAS-RELIEFS EN TERRE CUITE

01/10/2026

31/10/2026
Dès 1996, bien avant que l’expression ne devienne un cliché culturel popularisé par les blockbusters hollywoodiens, Soly Cissé donne à une série de dessins le titre Monde Perdu, nommé initialement avec une ironie mordante, Cohabitation. Dès lors, ce corpus d’œuvres constituera avec ses collages sur pages de magazine d’art, un des socles de son œuvre graphique.
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Avec Le Monde Perdu, l’univers de Soly Cissé s’enfonce dans l’irrationnel. S’y dessinent déjà les fondements de son œuvre future : une vision, affranchie du rationalisme occidental, où s’ouvre un canal entre les mondes visible et invisible, anticipant les questionnements, aujourd’hui au cœur de l’art contemporain.
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À l’instar de Goya dans les Caprichos, un foisonnement de figures en métamorphoses, entourées de créatures hybrides et d’animaux ‘’arrachés’’ au fusain, à la pierre noire ou à la sanguine, se confondent dans un même chaos primordial. Dans une vaste satire sociale, l’artiste dresse un répertoire des travers sociaux et des débordements des rues du Dakar de ses jeunes années, tout comme les figures allégoriques sur les portails des cathédrales du XIIIᵉ siècle révélaient les vices et les passions humaines.

 

DU DESSIN AU RELIEF ARCHITECTURAL
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Une nouvelle approche émancipe les figures du Monde Perdu de la surface du papier pour investir le volume : elles prennent corps dans des bas-reliefs en terre cuite, inaugurant une dimension architecturale à l’œuvre.
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Déclinées en tablettes de 30 × 30 cm, les compositions assemblées en frises narratives traitent des épisodes successifs d’un même évènement, évoquant les reliefs antiques inspirés de la mythologie grecque ou les grands récits mésopotamiens. Architectures flottantes, végétaux, figures anthropomorphes et un grouillement de personnages se déploient sur plusieurs plans ; le jeu de l’ombre et de la lumière prolonge la densité du dessin tout en lui conférant une présence spatiale nouvelle.
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L’artiste réactive sous une forme architecturale cette vision qui porte en un écho moderne à la violence primitive, tout à la fois la nostalgie d’un âge mythique d’harmonie primordiale et la confrontation avec les dérives sociétales contemporaines.

 

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